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Marathons : depuis quand existe la catégorie non binaire ?

Longtemps, s’inscrire à un marathon signifiait cocher une case parmi deux : homme ou femme. Depuis le début des années 2020, les plus grandes courses du monde ont commencé à ouvrir une troisième option. Le mouvement reste récent, inégal selon les épreuves, et encore loin d’être généralisé en France, mais il est suffisamment documenté pour qu’on puisse en tracer une chronologie précise, course par course.

Ce que veut dire courir dans une catégorie non-binaire

La non-binarité désigne une identité de genre qui ne se retrouve pas dans la seule catégorie homme ou femme. Ouvrir une catégorie non-binaire dans une course revient donc à créer un troisième classement, avec son propre podium et parfois ses propres primes, plutôt que de forcer les coureurs et coureuses non-binaires à s’inscrire dans l’une des deux catégories existantes. Concrètement, cela change la case à cocher à l’inscription, le tri des résultats à l’arrivée, et dans certains cas la répartition des prix en argent. Pour les organisateurs, cela suppose aussi de revoir la communication de l’épreuve, du formulaire d’inscription jusqu’à l’affichage des résultats le jour de la course.

Les six grands marathons, un déploiement en quatre ans

New York, la première à ouvrir la voie (2021)

Le marathon de New York, organisé par New York Road Runners, a été la première des grandes épreuves mondiales à reconnaître une division non-binaire, dès l’édition 2021. Les premiers finishers de cette catégorie n’ont toutefois pas reçu de prime cette année-là. Il a fallu attendre l’édition suivante, en 2022, pour que des primes en argent soient distribuées aux vainqueurs de la catégorie non-binaire, une première pour une épreuve World Marathon Majors, avec 15 000 dollars répartis entre les finishers concernés.

Chicago, une ouverture discrète mais avec primes dès le départ (2022)

Le marathon de Chicago a ouvert sa propre catégorie non-binaire en 2022, avec environ 70 personnes inscrites dans cette division pour cette première édition. L’épreuve, organisée par la Bank of America, s’est distinguée en devenant la première course des World Marathon Majors à attribuer des primes en argent aux cinq premiers de la catégorie non-binaire dès son année de lancement, avec des montants allant de 1 000 à 5 000 dollars.

Boston et Londres, l’année 2023 comme point de bascule

Deux des courses les plus prestigieuses au monde ont ouvert leur catégorie non-binaire la même année. La Boston Athletic Association a annoncé en septembre 2022 la création d’une division non-binaire pour l’édition 2023 du marathon de Boston, avec vingt-sept athlètes inscrits dans cette nouvelle catégorie pour cette première année. Au même moment, les organisateurs du marathon de Londres ont annoncé l’ouverture d’une option non-binaire pour l’inscription au tirage au sort de l’édition 2023, précisant toutefois que les catégories élite, championnat et « bon pour l’âge » restaient encadrées par les règles de World Athletics et donc non concernées par ce changement.

Berlin (2023), puis Tokyo (2025)

Le marathon de Berlin a prévu une division non-binaire pour son édition 2023, comme le rappelle le récapitulatif de cette édition. Tokyo a fermé la marche : NBC News a annoncé l’ouverture d’une catégorie non-binaire pour l’édition 2025, ce qui fait de Tokyo le dernier des six grands marathons historiques à franchir le pas.

Et en France ?

À l’heure actuelle, aucune information officielle ne permet de confirmer qu’une grande course française, marathon de Paris compris, propose une catégorie d’inscription non-binaire comparable à celles des World Marathon Majors. Le sujet progresse néanmoins dans le débat public sportif français, porté notamment par des associations sportives LGBT+ et par la couverture croissante des courses étrangères dans la presse spécialisée. Rien n’indique aujourd’hui de calendrier précis pour une éventuelle évolution des grandes épreuves françaises, et il serait prématuré d’annoncer une date sans confirmation officielle des organisateurs. Pour un coureur ou une coureuse non-binaire qui prépare une course en France, la solution la plus fiable reste de contacter directement l’organisation de l’épreuve visée, plutôt que de se fier à des informations non confirmées trouvées en ligne.

Ce que cela change concrètement pour les organisateurs

  • À l’inscription : ajouter une troisième option de genre dans le formulaire, sans supprimer les deux catégories existantes.
  • Au classement : produire un classement séparé pour la catégorie non-binaire, avec podium et résultats publiés au même niveau que les autres catégories.
  • Sur les primes : décider si des primes en argent sont attribuées aux premiers de cette catégorie, ce qui n’a rien d’automatique, comme le montre l’année d’écart, à New York, entre l’ouverture de la catégorie en 2021 et les premières primes en 2022.
  • Sur la qualification : établir des standards de qualification spécifiques, un chantier que plusieurs organisateurs ont eux-mêmes reconnu comme encore en construction au moment du lancement de leur catégorie.

Pour mieux comprendre le terme

Ce vocabulaire, encore récent dans le monde du sport, est plus ancien et mieux documenté du côté des communautés concernées. T4TSpace, une application de rencontre par et pour les personnes trans et non-binaires, propose une entrée de glossaire consacrée à la non-binarité, utile pour qui découvre le sujet à l’occasion d’un article sur le sport. Le reste du site, à commencer par sa page d’accueil, décrit plus largement le fonctionnement de cette application pensée spécifiquement pour les personnes trans et non-binaires qui souhaitent se rencontrer.

Ce qu’il faut retenir

En quatre ans, les six grands marathons historiques ont tous ouvert une catégorie non-binaire : New York en 2021, Chicago en 2022, Boston, Londres et Berlin en 2023, puis Tokyo en 2025. Sur le territoire français, aucune grande épreuve n’a pour l’instant confirmé de démarche comparable, un point qu’il faudra suivre course après course plutôt que d’anticiper.

William
William est un passionné de sport et d'écriture, toujours à la recherche de nouvelles découvertes et de défis. Avec un intérêt particulier pour l'athlétisme, la course à pied et le bien-être, il s'efforce de partager ses connaissances et ses expériences à travers des articles inspirants et informatifs. Son objectif est de motiver les autres à repousser leurs limites et à adopter un mode de vie actif et sain. En plus de ses aventures sportives, William aime explorer la façon dont l'activité physique peut transformer la vie quotidienne, tant sur le plan mental que physique.